Conférence de presse de l’APMP: La Majorité présidentielle salue la hauteur d’esprit du CFOP-B

: 31 juillet 2019  

L’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) a organisé le jeudi 25 juillet 2019,  au siège du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) sis au quartier Ouidi de Ouagadougou, une conférence de presse, articulée sur le « Dialogue politique » tenu du 15 au 22 juillet 2019 et sur « des préoccupations d’actualité » dont l’affaire des 11 détenus décédés dans les locaux de l’Unité anti-drogue de Ouagadougou. Le présidium en charge de l’animation de ladite conférence était composé de cinq Camarades que sont Simon Compaoré, Président par intérim du MPP, Chef de la délégation de l’APMP au Dialogue politique,  Clément Sawadogo, coordonnateur de l’APMP, Zalissa Koumaré, secrétaire générale du NTD, François Tambi Kaboré, président du PPR et Issa Tiemtoré, président du PNDP.

A la Conférence de presse de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), le jeudi 25 juillet 2019, les animateurs ont partagé avec les journalistes, les opinions et positions de l’APMP sur l’actualité nationale, marquée essentiellement par la tenue du Dialogue politique initié par le Chef de l’Etat, Roch Marc Christian KABORE, la situation des déplacés internes forcés, le décès des onze (11) prévenus dans l’enceinte de l’unité antidrogue de Ouagadougou, la règlementation des réseaux sociaux et la décision du Conseil constitutionnel concernant le nouveau Code pénal.

Sur la question du Dialogue politique tenu du 15 au 22 juillet 2019, sous le patronage du Chef de l’Etat, et sous la co-présidence du Camarade Simon COMPAORE, Chef de la délégation de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) et de Zéphirin DIABRE, chef de la délégation du Chef de file de l’Opposition politique du Burkina Faso, « l’initiative a été d’une part, positivement accueillie par l’ensemble de la classe politique et d’autre part, attendue par l’ensemble du peuple Burkinabè qui y a placé beaucoup d’espoir ». Pour mémoire, le Dialogue politique dont la cérémonie officielle d’ouverture a été présidée le 15 juillet 2019 par le Président du Faso, avait comme ordre du jour, les deux principaux points suivants : « le Code électoral et les élections de 2020 et 2021 » et « les questions d’intérêt national ».

De l’avis de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle, « les travaux se sont déroulés dans la libre expression, sous fond de courtoisie et de respect des opinions de tous ; dans un esprit de cordialité et un climat de sérénité malgré quelques divergences de points de vue sur certaines questions qui bien souvent ont nécessité des arbitrages pour aboutir à des consensus utiles pour tous ». De ces travaux, et selon le témoignage de la délégation de l’APMP, « un consensus général s’est dégagé sur bien de points, comme la relecture du Code électoral et les élections de 2020 et 2021, avec comme sous points : la relecture du Code électoral, le calendrier électoral, le vote des Burkinabè de l’extérieur, l’élection au suffrage universel direct des Présidents des Conseils des collectivités territoriales, la CENI et le quota genre ».

Sur l’utilisation de la carte consulaire biométrique comme document de votation, aucun consensus ne s’est dégagé, chaque partie s’étant campée sur sa position. Pour l’APMP, « il faut promouvoir l’utilisation des pièces qui ne seront pas sujet à débat, à polémique ou à doute. Pour ce faire, la Carte nationale d’identité et le passeport burkinabè sont des documents fiables pour garantir la crédibilité du scrutin ».   

Evoquant le point sur la situation nationale, notamment en ses volets, sécuritaire, réconciliation nationale, unité nationale, cohésion sociale, autorité de l’Etat et incivisme, l’APMP a donné l’assurance que « les discussions ont été intenses et ont souvent nécessité la tempérance des co-présidents. Toutefois, il y a de quoi se réjouir que toutes les parties aient eu à cœur l’union sacrée et de faire front commun malgré nos différences politiques, nos divergences d’approches quant à la façon de construire l’avenir de notre pays, pour nous opposer à l’ennemi terroriste qui n’hésite pas à tuer chaque jour plusieurs de nos frères, à brûler et à piller les biens de l’Etat et de ses représentants ». Sur le volet particulier de la réconciliation nationale, l’Alliance des partis de la majorité présidentielle a noté avec beaucoup de satisfaction « la disposition de toute la classe politique de poursuivre la démarche fondée sur le tryptique Vérité – Justice – Réconciliation, pour résoudre tous les préjudices subis par les victimes des violences politiques et ce, en apportant notre soutien inconditionnel au HCRUN pour sa mise en œuvre ».

Par rapport aux autres points comme les questions relatives à l’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre du pacte national pour le renouveau de la justice ; la négociation avec les partenaires sociaux pour obtenir une trêve sociale ; la prise de mesures pour établir l’équité dans le traitement des rémunérations des agents publics de l’Etat et pour évaluer l’efficacité du service public rendu par le travailleur en fonction de sa rémunération ; la prise de mesures pour mieux encadrer les opérations foncières et immobilières etc. « des recommandations et des résolutions pertinentes ont été faites ou prises dans le sens de leur résolution ».  Ces recommandations sous forme d’engagement, ont trait à « l’apurement du passif foncier partout au Burkina Faso ; une lutte acharnée contre l’incivisme, contre la stigmatisation des communautés, la corruption, l’impunité et toute forme d’injustice ; au renforcement des mesures en vue de réduire le train de vie de l’Etat ; au renforcement de l’employabilité des jeunes et des femmes par leurs promotions aux postes nominatifs et électifs… ».

Ce Dialogue politique entre les forces politiques de la Majorité réunies au sein de l’Alliance des Partis et formations politiques de la Majorité Présidentielle (APMP) et celles affiliées au Chef de File de l’Opposition Politique (CFOP), a également permis à ces forces de s’engager à porter avec mérite, réussite et fierté, « les aspirations du peuple burkinabè ».

Assurer une veille pour la mise en œuvre des conclusions du Dialogue

Comment traduire les conclusions du Dialogue politique en actes concrets ? C’est là l’interrogation principale qu’on est en droit de se poser ! Pour sa part, l’APMP, qui trouve que « les conclusions de ce dialogue sont de nature à apaiser le climat socio-politique et favoriser les actions salvatrices sur tous les points pour une mise en œuvre réussie du PNDES » s’engage sans réserve « à apporter à tout moment, son soutien et son accompagnement à leur mise en œuvre ». Elle invite l’ensemble de ses militants et sympathisants et tout le peuple Burkinabè « à adhérer sans réserve aux conclusions du Dialogue politique et à être disposés à accompagner tous ceux qui sont chargé de sa mise en œuvre pour son aboutissement ». Au comité de suivi des conclusions du Dialogue politique, l’APMP l’exhorte « à jouer pleinement son rôle d’orientation et de veille pour la mise en œuvre des conclusions du Dialogue politique ». Elle appelle le Gouvernement burkinabè à une mise en œuvre diligente de ces conclusions, « en fonction des contingences auxquelles il fait face ».

Si le Dialogue politique a pu se tenir et aboutir à des résultats unanimement jugés satisfaisants,  il importe de reconnaître aux forces politiques participantes, leur motivation, leur dévouement et leur engagement sans faille, à réussir la mission à elles confiée par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Pour cela l’APMP « salue et félicite le Chef de file de l’opposition politique et l’ensemble des partis affiliés pour leur esprit républicain et leur disponibilité au dialogue dont ils ont fait preuve. Nous leur réaffirmons notre main toujours tendue au dialogue pour la prospérité et le bonheur du peuple burkinabè. Chacune des parties à su prendre de la hauteur lors des débats et de la recherche du consensus. C’est comme ça que ça fonctionne dans un Etat civilisé. Et c’est tout à l’honneur de l’APMP et du CFOP-B. Majorité et Opposition sont sortis de ce Dialogue politique en rang serré, la main dans la main. Comme quoi, en politique rien n’est impossible. Que Dieu en soit grandement remercié ».

A l’initiateur du Dialogue politique, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, l’APMP a traduit sa reconnaissance et témoigné de ses remerciements « pour sa clairvoyance et son sens élevé des responsabilités, en initiant cette rencontre ».

Décès de 11 personnes dans l’enceinte antidrogue, la question des déplacés

Sur un tout autre registre, l’APMP n’est pas passé sous silence ces autres points de l’actualité nationale que sont : « le décès des onze (11) prévenus dans l’enceinte de l’unité antidrogue de Ouagadougou », « la situation des déplacés internes », « la règlementation de l’utilisation des réseaux sociaux » et « la décision du Conseil constitutionnel concernant le nouveau Code pénal ». Sur le cas des décès, l’APMP « déplore cette tragédie et présente ses condoléances les plus attristées aux familles des disparues. Elle salue la diligence avec laquelle les plus hautes autorités ont initié une prise en charge de cette situation regrettable par la mise en place de deux enquêtes, l’une administrative et l’autre judiciaire, pour situer toutes les responsabilités et prendre toutes les mesures nécessaires. Elle invite par ailleurs toutes les parties concernées à mettre tout en œuvre pour l’avènement de la vérité dans ce drame ».

Pour ce qui est des déplacés internes forcés, l’APMP « est au regret de constater leur nombre de plus en plus croissant malgré l’accompagnement permanent du Gouvernement et des partenaires au développement pour limiter les effets néfastes dus à cette situation. Elle salut et félicite les Forces de défense et de sécurité pour tous les efforts qu’elles font pour rétablir la sécurité dans les zones concernées et les encourage à poursuivre inlassablement leur mission afin de permettre à ces populations de retourner dans leurs localités d’origine ». L’APMP appelle par ailleurs tous les Burkinabè « à la solidarité nationale pour venir en aide à nos concitoyens en difficulté. Elle invite le Gouvernement à prendre des mesures anticipatives quant à l’activité agricole de ces déplacés afin de trouver les solutions idoines pour leur cas. Pour le reste de nos braves paysans, que les récoltes à la fin de la saison, soient à la hauteur de leur dévouement au travail ».

Les réseaux sociaux, les Koglwéogo, les propos du chef d’Etat-major français des armées

S’agissant de la règlementation de l’utilisation des réseaux sociaux, l’APMP prend acte de la décision du Conseil constitutionnel qui consacre la conformité des dispositions du nouveau Code pénal avec les dispositions de la Loi fondamentale. L’APMP pense qu’ « il est plus qu’impérieux de règlementer l’utilisation des réseaux dans ce contexte de terrorisme et de radicalisme grandissant afin de garantir à notre peuple les chances de vaincre l’hydre morbide. Il ne s’agit pas pour nous de restreindre les libertés, surtout celles d’expression, obtenues après de longues luttes mais de nous mettre en phase avec les réalités du moment, marquées par l’anarchie dans l’utilisation des réseaux sociaux.  Sa régulation s’avère primordiale pour une meilleure prise en compte de tous les paramètres entrant en ligne de compte dans la lutte contre le terrorisme. Et cela n’est pas le seul fait du Burkina Faso car dans tous les pays du monde, la régulation des communications et de l’utilisation des NTIC participent à la lutte contre la cybercriminalité et le terrorisme qui se développent grandement et compromettent dangereusement la sécurité dans tous les pays du monde ».

Au cours de cette conférence de presse de l’APMP, la question des Koglwéogo (Groupes d’autodéfense) et les propos tenus par le Chef d’Etat-major français des armées, le Général François Lecointre, sur la chaîne CNews, et qui stipulaient à propos du Sahel, que : « Si on n’est pas là, ces pays s’effondreront sur eux-mêmes ». Sur le premier point, le Camarade Simon Compaoré a fait savoir que « le Dialogue politique a évoqué la question des Koglwéogo et d’autres groupes d’autodéfense. C’est une question complexe. Comme vous le savez, ces groupes ont posé des actes positifs, même s’il faut reconnaitre que certains ont posé des actes en déphasage avec la loi. Aujourd’hui, la question sécuritaire n’est pas seulement l’affaire des seuls spécialistes, mais celle de tout le monde ».

Sur le deuxième point en lien avec les propos tenus par le Chef d’Etat-major français des armées qui, à propos du Sahel, dit que : « Si on n’est pas là, ces pays s’effondreront sur eux-mêmes », le Camarade Simon Compaoré a apporté la contradiction en ces termes : « Ce sont des propos choquants, déplacés ; c’est une insulte à notre intelligence, à notre génie, à notre peuple. La sagesse commande que nous sachions garder les pieds sur terre. Ce sont nos parents qui ont combattu aux côtés des troupes françaises et autres pendant les guerres mondiales. Alors évitons de faire preuve de légèreté. Car, tout comme les ‘’petits’’ pays ont besoin des ‘’grands’’ pays, ces derniers ont besoin des ‘’petits’’ pays. Ainsi va le monde ».