L’Alliance des Partis et formations politiques de la Majorité Présidentielle (APMP) a animé un point de presse le lundi 29 avril 2019 au siège du MPP. Clément Sawadogo du MPP, Issa Anatole Bonkoungou de l’ODT, Toussaint Abel Coulibaly de l’UPR, Issa Barry du NTD et Mme Jeannine Yaméogo de l’ADD en étaient les animateurs.
Quatre principaux points ont été abordés au cours de cette conférence de presse. Il s’agit du dialogue politique annoncé par le gouvernement, des récentes mesures gouvernementales visant à mettre fin au mouvement des agents des finances, des rumeurs faisant état de négociations au sommet de l’Etat avec les terroristes et enfin des réactions des acteurs politiques de l’opposition.
Concernant le dialogue politique annoncé, l’APMP s’étonne que le Chef de File de l’Opposition Politique (CFOP) pose des préalables à sa participation audit dialogue ; en effet l’opposition exige qu’un texte encadrant ce dialogue soit préalablement pris d’une part et que les conditions de mise en œuvre des conclusions de ce dialogue soient définies d’autre part. Pour l’APMP, le chef de l’Etat n’a fait qu’exercer les prérogatives que lui confère la Constitution notamment en son article 36 qui stipule que le Président du Faso « incarne et assure l’unité nationale. Il est garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la continuité de l’Etat ». Par ailleurs la loi portant statut de l’opposition politique précise que « le Président du Faso et le chef du gouvernement peuvent consulter l’Opposition sur des questions d’intérêt national ou de politique étrangère ». Se fondant sur ces textes, l’APMP estime que le Président du Faso est dans son bon droit en initiant un tel dialogue et que par conséquent aucun autre texte ne devrait être exigé. Aussi les partis de la majorité présidentielle invitent-ils leurs vis-à-vis à mettre de l’eau dans leur vin et à lever les obstacles pouvant empêcher une concertation fructueuse de l’ensemble de la classe politique. Somme toute, le coordonnateur de l’APMP le cde Clément P. Sawadogo dit être surpris d’apprendre par voie de presse que l’opposition pose des préalables à ce dialogue. Pour lui, ce jeu de préalables du CFOP les laisse interrogatifs sur sa réelle volonté de participer à la discussion. Il souhaite que le dialogue se tienne dans le cadre normal des débats républicains, tel que prescrit par la loi fondamentale et les lois en vigueur.
L’APMP salue la mesure prise par le gouvernement sur les revendications des agents du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID). C’est ce que le principal animateur de la conférence a laissé entendre. Clément Sawadogo soutient que cette décision du gouvernement est légale et vise une sortie de crise. L’APMP constate également que même si des avantages ont été concédés, leur incidence globale reste maitrisée, en faisant passer de plus de 55 milliards du précédent fonds commun à un peu moins de 20 milliards. Pour les conférenciers, « l’accord passé avec les agents du MINEFID ne remet pas en cause lesdites conclusions mais vise justement, à lever les obstacles dressés par ces agents à l’application sereine des nouvelles dispositions ».
La question des négociations supposées avec les terroristes comme il fallait s’y attendre s’est invitée dans le débat. L’on se rappelle qu’Africa Intelligence -un site d’informations- avait affirmé avec légèreté que le chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré traitait sous le manteau avec les djihadistes et les terroristes. Information est démentie avec vigueur par Clément Sawadogo à cette conférence de presse. Pour lui à ce jour « aucune tentative de négociation n’a été envisagée par le chef de l’Etat. Il en veut pour preuve le démenti du gouvernement à travers son porte-parole lors du dernier conseil des ministres ». Du reste le coordonnateur de l’APMP soutient que « ce n’est pas au moment où l’action des Forces de Défense et de Sécurité produit des résultats que le Président du Faso va changer sa stratégie ». Le 2ème vice-président du MPP demande au peuple burkinabé d’écouter son président et de le croire plutôt que de donner du crédit au propos de ce site qui a donné une information totalement erronée. A l’APMP donc d’exprimer sa surprise de voir des opposants se livrer à « une danse de mauvais goût autour de cette affaire ». La surprise est d’autant grande que certains de ceux qui s’adonnent à cœur joie à ces fabulations sont des amis de militaro-politiciens qui ont « dealé » sous l’ancien régime au grand jour et qui continuent de « dealer » dans l’ombre avec ses seigneurs de la mort.
L’APMP déplore donc les réactions aussi frénétiques que fébriles auxquelles se livrent ces derniers temps des acteurs politiques de l’opposition. Et à Clément Sawadogo à inviter les différentes composantes de la nation à ne pas « se laisser distraire par les cocoricos de revanchards et autres avides du pouvoir ».